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La Discothèque d'Agué

Life is sound

Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 30 Juil 2017, 15:19

J'ai trouvé la compilation Unravelled Dutch Acoustic Sessions des Comsat Angels.

Je vais pleurer tellement c'est bon. J'ai plus eu autant de eargasms coup sur coup depuis ma découverte de Strange Times des Chameleons.

Leur anonymat me donne envie de crier ma rage. Tout est brillant sur cet album. Tout.

Putains de grands artistes.

L'histoire de la musique est tellement injuste :sad:

D'HAAAAAAAAAAAAA
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- Tropico
- Agent du mal

- Intervention divine
- Vétéran
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- Oups !
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- C'est l'heure du dudududuel !
- Grand Voyageur
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 19 Oct 2017, 14:50

The Comsat Angels - Sleep No More (1981)


Aujourd'hui, après une longue hésitation, j'ai décidé de vous présenter mon album préféré des Comsat Angels, le dernier groupe de la Sainte Trinité du post-punk britannique injustement méconnu (The Chameleons, The Sound, The Comsat Angels) et à la notoriété inversement proportionnelle au génie de leurs productions.

Par où commencer ?

Déjà en disant qu'ils ont largement fréquenté les membres de The Sound et des Chameleons avec qui ils ont d'ailleurs tourné au début des années 80.

Aussi en mentionnant qu'ils ont aussi tourné aux Etats-Unis avec Gang Of Four (groupe qui a largement influencé Franz Ferdinand, si ça vous dit quelque chose).

Et, enfin, en précisant que le guitariste de U2, The Edge, doit en grande partie son style à celui de Stephen Fellows, chanteur et guitariste des Comsat.

Les Comsat Angels étaient sans conteste l'un des meilleurs groupes de post-punk / new wave de leur temps. Fondé à Sheffield, capitale anglaise de l'acier, en 1978, ils se composait de Stephen Fellows (guitare, chant), Mik Glaisher (batterie), Andy Peake (claviers), Kevin Bacon (basse) sous le nom de Radio Earth. Après avoir assuré la première partie d'un concert de Pere Ubu, à Newcastle, ils décidèrent de changer de nom pour prendre celui de Comsat Angels, issu d'une nouvelle de J.G. Ballard. Ils ont enregisté leur premier EP, Red Planet, en 1979 grâce à un prêt du père de Mik Glaisher. Une copie envoyée au légendaire John Peel leur ouvrit les portes d'une Peel Session et d'un contrat avec la Major du disque Polydor. Disposant d'une certaine liberté artistique, ils produisirent en 3 ans 3 des plus brillants albums du début des années 80 : Waiting For A Miracle (1980), Sleep No More (1981) et Fiction (1982). Toute personne se prétendant fan de l'époque et du genre musical se doit, selon moi, d'avoir au moins entendu une fois cette trilogie dans son intégralité.

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Les Comsat Angels en 1982. De gauche à droite : Mik Glaisher, Stephen Fellows, Kevin Bacon, Andy Peake.


Si Wating For A Miracle constitue déjà un brillant premier album, les Comsats ont dressé la barre encore plus haut pour Sleep No More, sorti le 21 août 1981, qui est aujourd'hui unanimement salué comme leur chef-d'oeuvre. Sleep No More n'est pas une oeuvre facile d'accès. L'album est sombre, dense, torturé et terriblement morne. Se lancer dans l'écoute de Sleep No More demande un minimum de préparation mentale et d'ouverture. Ce n'est pas de la musique qui se laisse apprivoiser à la première écoute. C'est probablement ce qui rend cet album si remarquable, et l'écoute si gratifiante.

Il est important de préciser que les Comsat sont des maîtres incontestés du paysage musical et des ambiances. Leur musique, même morne et peu spectaculaire, est atmosphérique et donne un véritable relief à ce que vous écoutez. Le moindre son, la moindre parole est cinématographique. Et Sleep No More est l'abum où ces qualités sont le plus mises en avant. Tout peut y sembler lent et contemplatif, mais après quelques écoutes, je peux sincèrement vous affirmer que même les passages les plus lents sont d'une intensité rare. Oui, Sleep No More est une oeuvre d'une intensité musicale unique, non pas par sa musique épique et glorieuse qui défonce les tympans, mais, justement, parce que tout est sincère, restreint, introspectif, et que la production a apporté à l'ensemble une touche magique qui fait que le tout fonctionne parfaitement. Dans ce cadre, il importe de mentionner la stupéfiante performance de la section rythmique et les idées géniales que le groupe a eu pour la mettre en avant. L'instrument essentiel de Sleep No More est la batterie. Dans tout mon expérience d'amateur de musique, j'ai rarement entendu un album où la batterie était si puissamment mise en valeur. L'effet imposant et enveloppant a été obtenu en plaçant la batterie dans une cage d'ascenseur et en prenant le son à six étages différents... L'effet final en est saisissant.

Sleep No More est un album qui évolue, grandit, dévoile son génie après chaque écoute.

Si, au début, il me paraissait peu attrayant, je le considère après une centaine d'écoutes (au moins), comme une des œuvres musicales les plus brillantes qu'il m'ait été donné d'entendre. Et le sentiment revient à chaque écoute.

Commençant avec The Eye Dance, Stephen Fellows vous embarque dans une valse de guitare électrique originale et insaisissable tandis que la batterie tonne. Le jeu est dépouillé, les notes restreintes. Le refrain est glorieux. On vous embarque ensuite dans Sleep No More, une chanson au synthé prégnant, ondulant dans les ténèbres, et porté par la batterie puissante et uniforme de Mik Glaisher. Après cet interlude de calme, l'album lance sa chanson la plus épique : Be Brave. Probablement ma préférée. La basse de deux notes à peine est remarquablement mise en valeur tandis que la batterie fait vibrer l'ensemble du paysage musical composé. Une chanson très puissante. Commence ensuite Gone, reprise remarquablement quelques années plus tard par Martin L. Gore de Depeche Mode. De nouveau, batterie, basse, guitare, forment un paysage pesant qui s'envole dans la dernière minute de la chanson. Arrive ensuite Dark Parade, une chanson dont la thématique porte sur la prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran durant la révolution islamique de 1979. C'est dans cette chanson que l'effet de puissance sur la batterie est le plus brillant de tout l'album. L'écoute de cette chanson me colle systématiquement des frissons rien que pour cette raison.

Vous venez de terminer la première face de l'ancien vinyle (que j'ai eu la chance d'acheter il y a deux ans de cela). Commence la seconde. Je m'attarderai sur Goat Of The West (jeu de guitare remarquable), Light Years (même chose) et surtout Our Secret, probablement la plus belle chanson de l'album.

L'impression générale qui domine est l'économie dans le jeu de guitare, la composition puissante des chanons, le génie rythmique et l'écriture brillante des paroles.

Tout simplement l'un des meilleurs albums des années 80.

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Tain, je veux un t-shirt avec cette couverture d'album dessus !


Note: 10/10
Best of: Tout

Pour terminer cet article, je vous conseille, si vous avez apprécié le style, d'écouter Fiction (1982) où l'instrument dominant est la basse. Et Fiction mérite tous les applaudissements rien pour une seule chanson, énorme, After The Rain, qui ouvre l'album. Un foutu chef-d'oeuvre de chanson, qui à elle seule garantit la place des Comsat Angels dans la légende du rock. Après Fiction, le groupe, délaissant les albums expérimentaux, se lança dans la course au succès. Sans succès. Leurs albums de cette époque (Land, Seven Day Weekend), même très agréables, pâlissent face au génie de leurs trois premiers albums. Ils se sont séparés en 1995, après trois albums qui ont rattrapé leurs errements du milieu des 80's : Chasing Shadows (1986) (produit par Robert Palmer, un de leurs plus grands fans) My Mind's Eye (1992) (dernier sursaut de génie du groupe) et The Glamour (1995) (album presque de grunge, Nirvana est passé par là).
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 28 Fév 2018, 11:13

Nouvelle chronique en préparation, mais, comme d'hab, j'ai trop d'envies et je me perds complètement.

Sinon, le nouvel album de Simple Minds est génial. Si vous aimez, allez écouter, il vaut VRAIMENT la peine. C'est de la bombe ! Il écrase le nouveau de U2.
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 14 Juin 2018, 20:57

The Go-Betweens - 16 Lovers Lane


Il y a des découvertes qui changent un fan de musique, qui réorientent l'aiguille de sa boussole dans sa quête sans fin de découvertes et de frissons. Qui remettent en perspective son paysage musical mental.

C'est ce genre de découverte que j'ai fait tout récemment.

il y a quelques semaines encore, j'ignorais complètement l'existence d'un merveilleux groupe australien, alors que ce pays a été (et est toujours) un extraordinaire vivier d'artistes pop-rock. Je me contentait de ce que je connaissais déjà, et je citais sans hésiter une flopée de grands noms que j'apprécie tout particulièrement : The Church, Men At Work, INXS, Crowded House, Midnight Oil... J'étais satisfait, au final, mais je me rends compte que ma carte mentale manquait encore d'un territoire essentiel. Il manquait ce qui est probablement le plus grand groupe de pop australienne ayant existé.

Les Go-Betweens.

Quand on recherche ce nom, on tombe rapidement sur des sites qui mettent en évidence une chose. Oui, on peut parler d'évidence, surtout quand elle est aussi largement partagée. Les Go-Betweens auraient pu, auraient du, devenir un des plus grands groupes du monde. Surtout avec l'album dont je vais vous parler : 16 Lovers Lane.

L'histoire de la musique est bien ironique et cruelle. Malgré la sortie en 1988 de 16 Lovers Lane, leur meilleur album, et une tournée en première partie de REM, les Go-Betweens se sont séparés en 1989. Ils associent leur nom, non pas au succès mondial, mais au succès culte. On parle d'eux entre initiés. On plane ensemble dans les incroyables vertiges amoureux de 16 Lovers Lane. Et on rage de ne jamais entendre de merveilles comme Love Goes On !,Streets Of Your Town ou Love Is A Sign à la radio. On répand, comme on peut, la connaissance de leur nom. Parce qu'ils le méritent. Parce qu'ils auraient dû être salués à la sortie de 16 Lovers Lane comme un des meilleurs groupes pop de leur génération.

C'est en août 1988 qu'ils sortent 16 Lovers Lane, enregistré dans la plénitude sans fin de l'été austral de 1988. L'album est saisissant, renversant. Il est impossible de ne pas s'envoler à des hauteurs stratosphériques dès l'écoute des premières notes. Les textures des chansons sont riches et complexes. Les textes, magnifiques. La musique d'une honnêteté sans faille. Le groupe, en proie à dissensions amoureuses semblables à celles que Fleetwood Mac a connues au temps de l'enregistrement de Rumours (voir plus haut), chante l'amour comme peu avant ou après eux l'ont chanté. Le tout sur une musique intemporelle, solaire, terriblement entraînante et chaleureuse. 16 Lovers Lane célèbre l'amour sans fin, l'espoir invaincu, la joie de vivre, et ne verse jamais dans l'amertume ou le regret de la séparation.


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16 Lovers Lane, y u so gud ???


Le ton est donné dès les premières notes de Love Goes On ! 16 Lovers Lane est album de pop, dans la plus pure tradition 60's, avec des accroches de guitares carillonnantes, un chant clair et mélancolique, des violons légers. En quelques secondes, quelques vers de poésie, l'auditeur se plonge dans les plus profonds secrets de l'Amour, le Grand, le Beau, le Vrai. "There's a cat in my alleyway/Dreaming of birds that are blue/Sometimes when I'm lonely/This is how I think about you/There are times when I want you/I want you so much I could bust/I know a thing about lovers/Lovers lie down in trust/The people next door they got problems/They got things they can't name/I know about things about lovers/ Lovers don't feel any shame/Late at night when the light's down low/The candle burns to the end/I know a thing about darkness/Darkness ain't my friend/Love goes on anyway." On est accroché au ciel, on plane dans les nuées. Et ce n'est que le début du disque !

16 Lovers Lane ne souffre d'aucun moment de faiblesse. Les chansons sont tour de force musical sur merveille littéraire. Je pourrais détailler chacune d'entre-elles, mais cela n'aurait pas un grand intérêt. Il est bien plus intéressant de vous les laisser découvrir, l'une après l'autre, et de vous laisser frissonner au son des violons et des harmonicas. De faire, au final, ce merveilleux voyage vous-mêmes. Et n'hésitez pas, si vous maîtrisez bien l'anglais, à écouter toutes les chansons avec leur texte sous les yeux. 16 Lovers Lane a la réputation, justifiée, d'être un ensemble de poèmes mis en musique. Sur Dive For Your Memory : "If the cliffs were any closer / If the water wasn't so bad /I'd dive for your memory / On the rocks and the sand." Sur Love Is A Sign : "Me in freezing weather / Snow cuffs on my wrists / You're down by the river / And London no longer exists / This is what I find / No matter what you say / No matter what you do / I want to be the one / And Love is a Sign." Sur Clouds : "The clouds are here / They aren't up in the sky / I cupped them with my hands / And reached up high / I said to these clouds / No more am I blind / I have to see straight / And that will make me unkind."

DAAAAAAMN SON ! On en a pas fait beaucoup des comme ça !

Mention spéciale à Streets Of Your Town, une délicieuse ballade estivale dans les rues de Brisbane, tube mineur en Angleterre, qui passa brièvement sur les radios universitaires aux Etats-Unis, mais ne suffit pas à faire percer le groupe. Dommage, la chanson et son accroche de guitare sont tout simplement irrésistibles. Rage et sel dans mon cœur de fan.

L'impression qui domine est la légèreté, la chaleur, l'espoir, la douceur de vivre, l'exaltation de la plus belle de toutes les émotions. Les guitares carillonnent, les harmonicas soupirent, les violons dansent, et mon petit corps d'amateur de musique, chanson après chanson, frissonne de la tête aux pieds. C'est ça, l'effet de la grande musique.

Un immense, immense album, totalement culte, un trésor caché qui mériterait d'être porté aux nues et célébré pour ce qu'il est : un chef-d'oeuvre de la musique populaire, digne de siéger à la table des plus grands.

Note : 10 /10
Best Of : Tout ! Tout putaing ! Comment c'est possible de faire un album aussi parfait qui se plante à ce point ? *Se frappe la tête contre les murs.*

Si vous avez aimé 16 Lovers Lane, je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans les albums ayant précédé celui-ci, en particulier Before Hollywood et Tallulah. Before Hollywood contient Cattle And Cane, une superbe chanson ayant presque atteint le statut du tube que les Go-Betweens cherchaient à faire pour percer. Tallulah contient entre autres le sublime Bye Bye Pride, qui est sans doute un des plus beau usages du hautbois dans la musique pop-rock jusqu'à nos jours. Damn. Tellement de bonnes chansons. Rage et sel dans mon cœur de fan. Au final, écoutez, faites votre avis, explorez, mais, clairement, il faut admettre le statut culte des Go-Betweens est tout simplement criminel.
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