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La Discothèque d'Agué

Life is sound

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Message non lupar Aguétiel » 03 Mar 2015, 18:58

Bonsoir rêveurs et Voyageurs. Ces derniers temps, suite à des discussions animées avec Atis, un de mes vieux rêves a refait surface: celui de tenir une sorte de chronique musicale de mes albums favoris.

Pourquoi des albums et pas des chansons ? Je préfère les albums car ils constituent une suite de chansons à l'écriture, à la production et aux arrangements semblables. Pour la cohérence et la beauté de l'objet en tant qu’œuvre, en somme.

Je commence donc avec un de mes tous premiers albums. J'en ait fait l'acquisition autour de mes 14-15 ans. A l'époque, je me souviens, je le considérais (et je le considère toujours) comme le meilleur de Simple Minds.

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New Gold Dream (81-82-83-84), album sorti en septembre 1982.

Qui sont les Simple Minds ? L'un des plus grands groupes de rock des années 1980, qui remplissait facilement le Stade de France à l'époque, et un des groupes têtes d'affiche du Live Aid de 1985 (le concert le plus regardé de tous les temps.)

Le groupe Simple Minds en 1985. La formation date de 1982, époque à laquelle est publié New Gold Dream.ImageDe gauche à droite John Giblin, bassiste, Charlie Burchill, guitariste, Jim Kerr, chanteur, Mick Mc Neill, claviers et Mel Gaynor, batterie


New Gold Dream est le cinquième album du groupe, qui vient récemment de changer de batteur, ayant remplacé Brian Mc Gee par Mel Gaynor. Les Simple Minds ont déjà à leur actif un très intéressant répertoire expérimental post-punk. Le groupe fut d'ailleurs à l'origine un groupe de punk nommé Johnny And The Self Abusers, fondé en 1977à Glasgow, en Écosse. La nouvelle scène rock anglaise est alors en pleine effervescence. De nombreux groupes qui atteindront le succès mondial dans la décennie suivante se forment alors. On peut notamment citer U2, Joy Division, Echo And The Bunnymen, The Chameleons, The Sound, etc...

Les Simple Minds, en 1982, attirent un public de plus en plus nombreux, suite à la publication, l'année précédente, de deux albums electro-dance: Sons And Fascination et Sister Feeling Call. Mais New Gold Dream change encore la donne. L'album marque en effet la fin de la première période de Simple Minds et le début du succès pour la formation écossaise basée à Glasgow. New Gold Dream unit en effet les ambiances sombres et expérimentales des albums précédents avec des sons new wave plus chauds et plus accessibles, tout en gardant une très grande qualité musicale. La combinaison de ces deux influences, parfaite, donnera le meilleur album de Simple Minds et quelques-unes de leurs chansons les plus emblématiques, dont Promised You A Miracle, classique de la New Wave des années 1980.

Bardé de synthés chauds et cristallins, de riffs de guitare métalliques et de lignes de basse extraordinaires, ce chef-d'oeuvre ne souffre d'aucun moment de faiblesse et mérite donc une écoute attentive qui vous entraînera dans des ambiances à la frontière du rêve et de la réalité dans des ambiances sonores chaudes et agréables.

Note: 10/10 (avec un groooooos biais affectif, je l'admets :D )
Best Of: Someone, Somewhere, In Summertime; Promised You A Miracle; Big Sleep; New Gold Dream; Hunter And The Hunted.
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 31 Mar 2015, 10:55

Et il est temps désormais pour un second album.

On change de genre, mais pas d'époque. Cette semaine je vous présente:

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I'm gonna buy me a gun just as long as my arm, and kill everyone who ever done me harm. Jeffrey Lee Pierce, For The Love Of Ivy.

The Gun Club - Fire Of Love, album sorti le 31 août 1981.


Le Gun Club est un groupe de post-punk roots formé en 1980 à Los Angeles. Fire Of Love est le premier album du groupe, et une véritable révolution musicale à l'époque. Jeffrey Lee Pierce (un rocker tout ce qu'il y a de plus authentique, drogué et bourré jusqu'à la moelle qui a usé sa santé jusqu'à en mourir, à l'âge de 37 ans) et son groupe ayant fusionné de façon explosive rock, blues, country, punk et post-punk. Certains critiques musicaux décrivent le style du groupe, véritablement unique, comme du tribal psychobilly blues, description que je trouve tout à fait appropriée.

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Le Gun Club en 1981. De gauche à droite: Terry Graham, Jeffrey Lee Pierce, Ward Dotson et Rob Ritter. Photo de Ed Colver


Fire Of Love est un véritable concentré rock blues explosif jouissif et agressif à souhait qui vous entraînera dans un road trip halluciné, en l'espace d'une chanson, du delta du Mississippi à Los Angeles en passant par l'Alabama, le Texas et les déserts du Nouveau Mexique.

Petit conseil pour écouter cet album: casque sur les oreilles et volume poussé.

Note: 9/10
Best of: Sex Beat; She's Like Heroin To Me; Fire Spirit, Ghost On The Highway.
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 08 Avr 2015, 14:44

Et un troisième album.

Parce que les années 80, c'est ça aussi:

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The Serpent's Egg, album sorti en 1988.


Il s'agit du quatrième album de Dead Can Dance. Un groupe australien qui tout au long de sa carrière, commencée au tout début des années 80, a proposé une musique atypique et superbe qui sort de tous les sentiers battus. Alors que parfois certaines chansons de la période ont très mal vieilli du point de vue de l’écriture ou des arrangements, les musiques de Dead Can Dance sont à ce point uniques qu'elles en deviennent intemporelles et quittent leur période pour exister dans une dimension temporelle qui leur est propre.

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Le groupe Dead Can Dance en 1988. Les deux musiciens principaux: Brendan Perry et Lisa Gerrard


La musique de Dead Can Dance mêle celtique, baroque, médiéval, tribal, synthés, rock, pop, etc... Pour produire un mélange distinctif et sublimement original.

The Serpent's Egg s'ouvre sur un chef-d'oeuvre: The Host Of Seraphim, qui a été utilisée dans de nombreux films depuis (avouez que ça collerait parfaitement à n'importe quelle scène de bataille épique). Les plus cinéphiles d'entre-vous pourront la reconnaître dans les Gardiens de Ga'Hoole, The Mist, ou encore le documentaire Baraka. Lisa Gerrard a également chanté la chanson qui clôt Gladiator de Ridley Scott, Now We Are Free.

Note: 8.5/10
Best of: The Host Of Seraphim, Severance, In The Kingdom Of The Blind The One Eyed Are Kings, Ulysses.
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 20 Avr 2015, 10:57

On change d'époque, et là on remonte à mon enfance (et à la vôtre aussi sans doute)

J'ai une affection toute particulière pour cet album qu'on écoutait en voiture en descendant vers le Sud en traversant de part en part la France et ses paysages magnifiques. En plus d'être associé à de très bons souvenirs, cet album est un concentré de chansons superbes et d'orchestrations magnifiques (surtout au piano et à la guitare électrique planante).
Je ne vous présente pas le groupe, étant donné son actualité.

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Coldplay - Parachutes Album sorti le 10 juillet 2000


Note: 9/10
Best of: Don't Panic, Shiver, Spies, Yellow, Trouble.
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 26 Avr 2015, 20:07

Je viens de retomber sur un super album en fouillant dans mon étagère pour en écouter un autre (c'est toujours comme ça que ça se passe :P )

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White Lies - To Lose My Life Album sorti le 19 janvier 2009.


White Lies est un groupe que j'ai découvert en rentrant à l'université en 2013. Ils venaient de publier leur troisième album, Big TV (leur meilleur je trouve) durant l'été et étaient passés sous les ondes des radios. Un de mes meilleurs amis, très versé dans la musique actuelle me les a présentés, et ça a été un coup de cœur instantané.
Plus tard, j'ai acheté les deux albums précédents pour compléter leur discographie dans laquelle, honnêtement, il n'y a rien à jeter.

White Lies est donc un groupe actuel qui s'inscrit dans la mouvance néo post-punk de la seconde moitié des années 2000. Formés à Londres en 2008, Ils rentrent dans la veine de groupes du genre Joy Division, Editors, The Killers ou encore Interpol (ce n'est pas la première fois que vous lisez ces noms dans ce sujet, ils feront aussi l'objet d'une chronique postérieure.) Leurs influences sont directement puisées dans les années 80, avec l'utilisation d'arrangements mettant en avant la basse et la batterie, des thèmes tristes, voire désespérés et des textes de qualité. Le tout porté par la voix remarquable de Harry Mac Veigh, une sorte de Ian Curtis mais en moins "rough". Ils restent malgré tout ancrés dans leur époque par l'usage d’arrangements modernes sur la guitare et les effets soniques des synthés.

Détail amusant, tous leurs albums sont enregistrés et mixés au studio ICP de Bruxelles.

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Le groupe White Lies en 2009. De gauche à droite Charles Cave (Basse, choeurs), Harry Mac Veigh (Chant, guitare), et Jack Lawrence-Brown (Batterie).


To Lose My Life est donc sorti en 2009. A l'époque, ce premier album a bien été reçu en Grande-Bretagne, jusqu'à atteindre la première place des charts et devenir l'un des premiers albums les mieux vendus cette année. Malgré cet album de qualité, White Lies a brillamment passé la difficile étape du second album en publiant l'excellent Ritual (que je vous recommande) en 2011 et enfin le sensationnel Big TV (indispensable !) en 2013.
White Lies est un groupe excellent, mais qui, je trouve, ne reçoit malheureusement pas la reconnaissance qu'il mérite. En espérant que cet album vous plaise et vous incite à découvrir un groupe de rock qui se démarque clairement dans le paysage musical actuel.

Note: 8.5/10
Best of: Death, To Lose My Life, A Place To Hide, E.S.T., From The Stars, Farewell To The Fairground, The Price Of Love.

J'ai une affection particulière pour E.S.T. (Electric Shock Therapy) qui parle d'une dame enfermée dans un asile pour subir une thérapie à base électrochocs (sympathique). Faith always loses hold, like electric sparks in my heart...
From The Stars parle d'un homme fortuné happé par sa vie superficielle de salaryman stressé qui prend conscience d'une chose importante dans sa vie sur fond d'une orchestration superbe et puissante.
Farewell To The Fairground est une chanson rythmée autour de sa batterie et d'un petit riff de synthé qui structure toute la chanson. Un clip remarquable a été tourné à Norilsk (-40°C en hiver, 6 mois de nuit perpétuelle au cœur de la toundra sibérienne, autant dire que les gens qui vivent là-bas, c'est pas des faibles) pour la promouvoir.
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 28 Avr 2015, 18:05

Après avoir mentionné ce nom plusieurs fois dans mes chroniques précédentes, je pense qu'il est temps de vous présenter un de mes groupes préférés depuis déjà quelques années maintenant: Joy Division.

Avec Joy Division, on entre dans la légende du rock, celle des grands noms, des chansons mythiques et des héros décédés trop tôt. Joy Division, question légende et influence postérieure se range en effet aux côté des Beatles, des Rolling Stones, d'AC/DC, ou encore des Doors. Il reste toutefois moins connu, en raison de sa musique très sombre et expérimentale.Le groupe est le fondateur des mouvements de la Cold Wave, du Gothick Rock et le porte-étendard du Post-Punk.

Le Post-Punk est un terme un peu fourre-tout (comme d'habitude en musique) qui sert à qualifier des groupes dont les racines musicales sont punk (quatre instruments de base, simplicité des compositions, énergie, textes incisifs) mais qui ont évolué d'un point de vue thématique et expérimentations musicales. Les thèmes sont tournés vers l'introspection et les arrangements tendent à densifier, complexifier les ambiances. Une sorte de punk "intellectuel". On est là à l'essence même de Joy Division.

Le groupe a eu une carrière fulgurante et mythique. Fondé en 1978, il est dissout en 1980 après deux albums qui ont laissé une empreinte indélébile dans l'histoire de la musique des années 1980.

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Le groupe Joy Division en 1979. De gauche à droite Bernard Sumner (Guitare), Ian Curtis (Chant), Peter Hook (Basse) et Stephen Morris (Batterie).

Joy Division est fondé en 1978 à Manchester par les quatre musiciens mentionnés précédemment, à la sortie d'un concert du groupe punk The Buzzcocks. Au départ nommé Warsaw, le groupe publie un premier LP nommé An Ideal For A Living. Le LP attira l'intention du présentateur TV Tony Wilson qui leur ouvrira les portes de Factory Records. Désormais nommé Joy Division, le groupe s'attele à l'écriture et à l'enregistrement de leur premier album, Unknown Pleasures.

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Unknown Pleasures, album sorti le 15 juin 1979.

Et parce que je suis quelqu'un qui aime le bon son, je vous ai trouvé la meilleure qualité sonore actuellement existante sur YT, même mon CD n'a pas une richesse de son aussi bonne, et cet album doit être écouté de cette façon pour prendre tout l'impact de sa production géniale et révolutionnaire.


Unknow Pleasures fait partie de ces albums qui font la légende du rock. Il y a un avant et un après. L'image même de la couverture devient un objet de culture populaire (pensez au prisme réfractant de Pink Floyd sur The Dark Side Of The Moon).
En parlant de la couverture, celle-ci a été réalisée par Martin Saville (designer de la plupart des couvertures d'album de Factory Records) en prenant pour base le signal radio d'un pulsar.

Ian Curtis chante avec sa voix sépulcrale ses propres textes plein de poésie et de désespoir. Les musiciens, qui ne sont pas des virtuoses mais qui possèdent un style vraiment unique jouent avec passion. Leur musique est transcendée par la production de Martin Hannet, qui "métallise" la guitare, fait résonner la batterie et grogner la basse. Peter Hook est un bassiste atypique, qui n'utilise pas sa basse comme un instrument rythmique mais bien comme un instrument mélodique. Stephen Morris est une machine et Bernard Sumner joue des riffs noirs à souhait, sans jamais que rien ne soit noyé dans le bruit.

Et enfin, comme l'a fait remarquer un critique inspiré, il y a quelque chose dans cet album de cinématographique. On a l'impression en écoutant chaque chanson que quelque chose se passe dans l'univers de l'album mais que cela reste non-dit, hors du champ de la musique. [...] Something, somehow, seems to wait or lurk beyond the edge of hearing (Ned RAGGET).

Bref, un des plus grands albums de tous les temps, qu'il faut avoir écouté au moins une fois dans sa vie.

Joy Division publiera encore Closer (un autre chef-d’œuvre) avant que Ian Curtis, épileptique, dégouté de lui-même et de la vie, ne mette fin à ses jours en se pendant dans sa cuisine le 18 mai 1980. Il avait 23 ans.

Note: 10/10
Best of: Bah, tout en fait.

Pour ceux qui veulent entendre toute la force de frappe de Joy Division en concert, je vous recommande ceci: Joy Division - Transmission (Live At Les Bains Douches)

Je vous recommande également d'écouter deux dernières chansons essentielles: Love Will Tear Us Apart et Transmission.
Love Will Tear Us Apart est un chef-d'oeuvre à tous les niveaux (textes, orchestration, chant) et Transmission possède une puissance rare (et une des meilleures lignes de basse que je connaisse).
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 17 Mai 2015, 22:16

Hé bien
Ca fait quelque temps que je n'ai plus présenté d'album.
Après une courte hésitation, voilà le nouveau.
J'ai cherché pendant de nombreuses années un bel album de rock symphonique. C'est à dire, un groupe de rock, classique, mais qui aurait enregistré un album avec un orchestre symphonique. Je ne vous dis pas ma joie quand j'ai découvert...

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Echo And The Bunnymen - Ocean Rain Album sorti le 4 mai 1984
Je trouve la couverture de cet album absolument superbe et elle colle parfaitement à l'ambiance générale de l'album.
Le groupe a vraiment posé en barque naviguant sur un lac souterrain.


Echo And The Bunnymen est un groupe de post-punk anglais formé à Liverpool en 1978. Encore une fois, nous sommes à la charnière des années 1980. De nombreux groupes que j'apprécie ont vu le jour à ce moment-là.Ocean Rainest le quatrième album du groupe et, sans aucun doute, leur plus beau. Puisant dans les années 60, le groupe remet au jour le psychédélisme symphonique en enregistrant un album avec un orchestre qui donnera au chansons une profondeur et un magnificence extraordinaires.

Une illustration parfaite du psychédélisme symphonique dans les années 60 est le monument impérissable Nights In White Satin des Moody Blues, extrait de leur album Days Of Future Passed qui me colle des frissons à chaque écoute.

A l'époque, le chanteur, Ian Mc Culloch était convaincu et clamait en interview d'avoir enregistré le meilleur album de tous les temps. Après, c'est simple question de goût, mais il a sans conteste produit un chef-d'oeuvre.

L'écoute de Ocean Rain vous emportera dans des les méandres d'un océan doucement agité, au cœur de chansons superbes d'émotions et d'orchestrations. Au centre de l'album, vous découvrirez la plus belle chanson des Bunnymen: The Killing Moon, portée par les plaintes frénétiques des violons. A la fin, Ocean Rain vous importera lentement à travers une pluie d'instruments à cordes.

Enfin, je ne peux que vous recommander l'écoute de tous leurs autres albums. Il n'y a rien à jeter dans leur discographie.

Note: 9/10
Best Of: Silver, Nocturnal Me, The Killing Moon, Seven Seas, Kingdom, Ocean Rain.
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 25 Mai 2015, 21:03

Et un nouvel album
Un groupe que j'ai découvert cette année. Encore un qui se raccroche au post-punk (promis, le prochain, je vous en présente un autre d'un autre genre musical). Au même titre que Joy Division. Mais tandis que Joy est un groupe mythique, ce groupe-ci fait parti des joyaux cachés ou groupes cultes.


Encore une fois, une belle couverture, une réinterprétation d'une peinture du XIXème siècle représentant le prophète Daniel dans la fosse aux lions.

The Sound était un groupe de post-punk anglais formé à Londres en 1979. Ils publient leur premier album, Jeopardy en 1980 et reçoivent des critiques élogieuses sans attirer le public à eux. Ils publient leur second album, From The Lions' Mouth en 1981.

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Le groupe The Sound. De gauche à droite Graham Bailey, Colvin "Max" Mayers, Michael Dudley et Adrian Borland, le chanteur


From The Lions's Mouth est l'album le plus accessible et le plus "commercial" que le groupe ait produit durant sa carrière. Il s'ouvre sur une superbe chanson, Winning, qui est un superbe appel à ne jamais baisser les bras. Il continue ensuite avec des orchestrations typiquement post-punk (batterie, basse, chant désabusé, synthé minimaliste utilisé pour raffiner les moments intenses, textes superbes) avec des titres tels que Sense Of Purpose, Skeletons, Contact The Fact, pour finir sur l'incroyable New Dark Age; une chanson pleine de ténèbres et de désespoir... Un homme qui voit les moments heureux disparaître à jamais. Portée par une batterie martiale rehaussée par un arrangement génial et une pointe de synthé qui intervient juste au bon moment, piquetée de moments intenses portées par une guitare abrasive et minimaliste, New Dark Age termine l'album mais en est le sommet.

The Sound ne connût pas le succès. Ni avec cet album, ni avec les suivants. Année après année, ce groupe a gagné en popularité dans l'undergroud des 80's pour gagner le statut de groupe culte, révéré par quelques fans acharnés. Certains critiques musicaux placent sans hésiter The Sound au rang des meilleurs groupes des années 80, au même titre que U2 ou Simple Minds.

Le groupe se sépare en 1987. Adrian Borland, leader tourmenté (encore un !) souffrant de dépression chronique et de troubles schyzo-affectifs, se suicide en 1999 en se jetant sur les rails d'un train. Il avait 41 ans. Il laisse derrière lui un héritage musical impérissable qui brille sans faillir dans les ténèbres de l'underground, préservé amoureusement par ceux qui ont eu l'occasion de le découvrir.

Note: 9.5/10
Best Of: Sincèrement ? Tout. Il n'a y a pas un moment de faiblesse dans cet album.

Bonus: Une merveille de simplicité et d'efficacité (un synthé, une basse, une voix): Winter
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 14 Juil 2015, 13:05

Après un long moment sans aucun album, le moment est venu de vous présenter le suivant. Comme promis, ce n'est pas du post-punk (je vous ai assez bassinés avec ça, je crois ^^).

Nous revenons ici dans les groupes et les albums mythiques. Avec la particularité que celui-ci, comme quelques rares autres, a définitivement changé la manière de faire de la musique dans les années suivantes.

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Fleetwood Mac - Rumours, album sorti le 4 février 1977


Fleetwood Mac est, à la base, une formation blues hybride fondée en Grande-Bretagne à la fin des années 60. En 1975, le groupe arrive en Californie et s'y établit avec des nouveaux membres. Le line-up de 1977 est formé d'Américains et de Britanniques, et de pas moins de deux couples. Il délaissent le blues au profit du rock, même si l'influence du blues reste prégnante tout au long de ce qu'ils ont produit ensuite.

Image
Le groupe Fleetwood Mac en 1977. De gauche à droite: John McVie, Christine McVie, Stevie Nicks, Mick Fleetwood, et Lindsey Buckingham.


Rumours est un album légendaire pour de nombreuses raisons. La première est qu'il s'agit d'un des albums les plus vendus de tous les temps, avec environ à ce jour près de 50'000'000 d'exemplaires écoulés. Mais le succès étourdissant de cet album n'est pas la seule explication de sa légende... En effet, durant l'écriture des chansons et leur enregistrement, le groupe s'est entre-déchiré. Le bassiste John McVie et son épouse Christine McVie ont divorcé tandis que Lindsay Buckingham et Stevie Nicks se sont séparés... Et Stevie Nicks, en mal d'amour, s'est mise en couple avec Mick Fleetwood sans que le reste du groupe ne soit au courant de quoi que ce soit... Ajoutez une consommation de drogue typiquement 70's et vous avez une maigre idée de l'ambiance dans laquelle Rumours a été enregistré.

Rumours est d'ailleurs un titre parfaitement approprié pour cet album. Toutes les chansons, toutes les paroles, reflètent le contexte terrible dans lequel il a été produit. Écouter une chanson de Rumours, c'est presque comme coller son oreille à la porte d'une pièce dans laquelle un couple se dispute.

Enfin, Rumours est un album intemporel, même s'il est profondément ancré dans son époque... Une époque qui voit l'explosion du punk et le rejet de la musique pop/rock que Fleetwood Mac avait l'habitude de faire. En conséquence, l'album se fit descendre par la critique rock complètement acquise à la cause du punk.

Mais c'était sans compter sur l'incroyable qualité de la musique.

Rumours est un chef-d’œuvre. Un album bardé de guitare carillonnantes, d'harmonies vocales sublimes et d'arrangements déconcertants d'efficacité (Go Your Own Way :o ).
C'est là sans doute le miracle de Rumours: un album qui transforme la souffrance amoureuse de cinq personnes en une chose universelle avec laquelle tout le monde peut s'identifier, le tout sur une musique magique...

Deux chansons qui me laissent sidéré après chaque écoute: Go Your Own Way (probablement une des meilleures chansons de tous les temps) et The Chain (une chanson dotée d'une puissance très rare.)

[...]Listen to the wind blow
Down comes the night
Run in the shadows
Damn your love
Damn your lies

Break the silence
Damn the dark
Damn the light

And if you don't love me now
You will never love me again
I can still hear you saying
You would never break the chain.[...]


Fleetwood Mac, The Chain


Note: 9.5/10
Best of: Second Hand News, Dreams, Dont' Stop, Go Your Own Way, Songbird, The Chain.

PS: Si vous voulez creuser la discographie de Fleetwood Mac, n'hésitez pas une seconde ! Ce groupe légendaire a produit des merveilles tout au long de sa carrière. Je vous recommande notamment l'écoute de Fleetwood Mac (1975), Tusk (1979), Mirage (1982) et Tango In The Night (1987).

Et parce que je vous aime bien même si vous êtes tous des putes, un petit cadeau:

Fleetwood Mac - Big Love (Live The Dance)
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 07 Aoû 2015, 19:14

Aujourd'hui, je vais vous présenter un groupe et un album qui font encore partie de ce que les années 80 ont fait de meilleur.
Plusieurs choses à savoir avant de commencer:

- Un : Le chanteur, Mark Hollis, a une des plus belles voix que je connaisse.
- Deux : Ils ont inventé un genre musical à eux tout seuls (sur leurs deux derniers albums, mais je ne recommande cette écoute qu'aux plus curieux d'entre vous. Ça sort vraiment de tous les sentiers battus. Ceux qui apprécient seront comblés: ce sont chefs-d’œuvre absolus.)
- Trois : D'un album à un autre, il est difficile de croire que c'est toujours le même groupe avec le même line-up (rien de semblable, en effet, entre The Party's Over et The Laughing Stock.)

Assez de préludes, entrons dans le vif du sujet.

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Talk Talk - The Colour Of Spring (Album sorti en mars 1986)
Tous les albums de Talk Talk présentent le même design organique de jaquette, ce qui les rend aisément reconnaissables et participe à l’identité du groupe.


The Colour Of Spring est le troisième album du groupe Talk Talk, groupe formé autour du génial Mark Hollis à Londres en 1981.
Au début de sa carrière, le groupe, signé chez EMI (une des plus grosses maisons de disques anglaises) se rattacha musicalement à la vague "néoromantique" du début des années 1980. Leur premier album, The Party's Over (1982), appartient clairement à ce mouvement musical dont il se détacheron dès leur second album, qui les révèlera au grand public: It's My Life (1984). L'album, qui contient des chansons plus matures et des arrangements plus organiques, est toujours rempli de chansons très typées new wave, et les hits sont au rendez-vous (Such A Shame, It's My Life, etc...)
Mais le groupe veut toujours aller plus loin, viser plus haut. En 1986, ils publient The Colour Of Spring, leur album le plus vendu, calé entre les sensibilités New Wave de It's My Life et les expérimentations ahurissantes de Spirit Of Eden.

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Mark Hollis au concert légendaire donné au festival de Montreux en 1986


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Le groupe Talk Talk en 1982.


The Colour Of Spring est véritablement calé entre la New Wave et les expérimentations plus tardives. Les arrangements sont organiques, ambitieux, portés par la voix incroyable de Mark Hollis. L'influence des structures inspirées du jazz se fait plus présente sur des chansons comme Life's What You Make It et son piano hypnotique ou I Don't Believe In You.

Note: 9/10
Best of: I Don't Believe In You, Life's What You Make It, Living In Another World, Give It Up.

PS: Plein de bonus !

Le concert légendaire de Montreux

Such A Shame

It's My Life

Et les liens vers les deux albums expérimentaux (pour les plus curieux d'entre vous).

Spirit Of Eden (1988) et The Laughing Stock (1991)

Et sinon, on n'a plus aucune nouvelle de Mark Hollis depuis 1998...
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 12 Déc 2015, 20:24

Oulah ! J'ai rien posté ici depuis le 7 août.

Bon, je vais ressortir un nouvel album.
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 28 Déc 2015, 00:32

En cette heure qui avance je réécoute une chanson extraite d'un album que j'ai envie de présenter un long moment.

Il est des groupes, des chanteurs, qui ne percent jamais au grand jour. Le groupe que je vais vous présenter aujourd'hui en fait partie, et, en toute sincérité, je le considère comme le meilleur groupe qu'il m'ait été donné de découvrir dans toute ma vie.

Rien de moins que ça.

Cachée au fin fond des ténèbres des fonds de tiroir des années 80, l'explorateur curieux pourra découvrir comme un archéologue déterre un trésor inestimable, ce groupe.

The Chameleons.

Un groupe mancunien mené par Mark Burgess, un auteur aux textes incroyables.

The Chameleons est donc un groupe de post-punk britannique formé à Manchester à la charnière des années 70-80 (en 1981, pour être précis). Oui, encore. Oui, il y avait une véritable ébullition en ce temps-là à Manchester. Le groupe est donc formé de Mark Burgess (bassiste, chant), Reg Smithies (guitare), Dave Fielding (guitare), et John Lever (batterie).

Image
Le groupe en 1983, à la sortie de The Script Of The Bridge.


Le groupe commença sa carrière en 1981, en signant sur le label Epic pour publier Nostalgia, un EP produit par Steve Lilywhite (U2, Simple Minds, etc...) sur lequel figure une chanson épique, In Shreds. Avec une batterie martiale, des guitares distordues et un texte à glacer le sang ("I suddently knew, that my life meant nothing at all !"), elle fait partie des grands chansons du post-punk... Et reste donc dans les ombres.

The Chameleons - In Shreds

Le groupe publie son premier véritable album en 1983, toujours sur le label Epic, eeeeet... C'est un chef-d'oeuvre. Une oeuvre d'une maturité immense, avec des textes ciselés au couteau par le génie de Mark Burgess, dont la grand talent est de transformer des problèmes personnels en problèmes avec lesquels tout le monde peut s'identifier. Il deviendra un immense album culte dans les décennies suivantes, reconnu comme pierre angulaire du post-punk britannique, au même titre que From The Lion's Mouth (The Sound) ou Unknown Pleasures (Joy Division).

The Chameleons publia ensuite un second album en 1985, What Does Anything Mean? Basically. Encore une fois, l'album est une merveille, même s'il a moins ma préférence que Script Of The Bridge ou Strange Times.

Et puis, en 1986, sort Strange Times.

Signé sur le label Geffen, Strange Times est leur album le plus puissant, les plus abouti, le plus musical, le plus fin, le plus recherché. Sachant que tout ce que les Chameleons ont fait est de l'or en barres, c'est quelque chose.


Image
The Chameleons - Strange Times (1986)

Mais, encore une fois, ce chef-d'oeuvre est tombé dans l'oubli. Je ne l'ai découvert qu'il y a trois ans, grâce à un ami. Et je l'ai découvert par une chanson très spéciale: une chanson que je considère encore aujourd'hui comme la meilleure jamais écrite. SWAMP THING.

J'en parlerai en temps voulu.

L'album s'ouvre sur un tourbillon vertigineux de guitares qui entraîne l'écoutant dans une frénésie folle qui reflète l'état psychologique du personnage du texte (Mad Jack). On continue ensuite avec Tears, une chanson déchirante, acoustique, atypique sur l'album. Et puis ça monte. Avec une chanson épique, Soul In Isolation. Le texte, désespéré, parle d'une personne aliénée par son sentiment de solitude:

"I'll give you my time to kill
But you'll never never
Break my will
Or I could sink a sleeping pill
And in the morning could be
Sleeping still
But most of you are much too ill
Way beyond a surgeon's skill
In bondage to a dollar bill
What more can you buy?"

Musicalement parfaite, elle me sidère à chaque fois par un dialogue de guitares époustouflant après le refrain. On touche là à un sommet absolu.

Mais c'est pas fini.

Après, il y a SWAMP THING.

Cette chanson, je la considère comme la meilleure chanson rock jamais enregistrée. Les mots me manquent pour décrire le sentiment que je ressens vis-à-vis de de cette chanson.

Je pourrais passer des heures à discuter de la perfection absolue de cette chanson. S'ouvrant avec un riff de guitare déformé, et un synthé qui semble flotter dans les ténèbres, elle est lancée en avant par une batterie martiales à laquelle vient s'ajouter un jeu de cymbales qui frissonne dans les ombres puissantes de la chanson. Puis, après 1 min 40 de la meilleure introduction qui existe dans le rock, elle est encore portée plus haut par la voix étrange de Mark Burgess sur un texte mystérieux, cryptique. Et ça continue comme ça pendant 5 min, avec la basse de Mark Burgess qui ajoute encore une tension à ce morceau épique.

Je l'écoute rarement, et quand je l'écoute, c'est limite dans des conditions religieuses.

Cet album, signé sur un grand label, un véritable chef-d'oeuvre, n'a jamais atteint le statut qu'il mérite. Il s'est perdu dans les tiroirs perdus des années 80. Le groupe, lassé, se sépara juste après.

Ils se sont toutefois reformés en 2000 pour publier un album, Why Call It Anything ? Ils tournent encore aujourd'hui, mais sans la plupart des membres originaux. Ils étaient l'année dernière à Leuven, par exemple.

Si ça vous a plu, n'hésitez pas à gratter Youtube à la recherche des productions de ce groupe. La communauté de fans est très fidèle et attachée à son groupe. Ils ont donc publié pas mal de perles qui permettent de se rendre compte du génie du groupe et de leur vision musicale unique. On n'en n'a pas fait deux des comme eux.

Note: 9/10
Best Of: Mad Jack, Caution, Tears, Soul In Isolation, Swamp Thing
Dernière édition par Aguétiel le 14 Nov 2016, 22:36, édité 2 fois.
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 15 Mar 2016, 22:34

Au milieu des années 1980, sortaient des albums marqués par leur temps. Ils étaient OK, sans plus. Quelques-uns se sont démarqués. Celui dont je vais vous parler maintenant fait partie de la seconde catégorie.

Il s'agit de Songs From The Big Chair de Tears For Fears.

Alors, certains considèrent ce groupe (plus un duo, en fait), comme des gros anglais têtes à claques et prétentieux, juste bons à être jetés aux ordures avec les autres groupes pop de l'époque.

Moi je dis: Lol, tellement nope.

Pourquoi ? Parce que leur carrière dans les années 80 n'a été émaillée que d'albums parfaits qui en plus d'être des succès commerciaux étaient AUSSI des succès artistiques. Les Tears For Fears possèdent en effet un don rare pour écrire une chanson pop universelle et belle à la fois.

Donc, les Tears For Fears, ce sont d'abord et avant tout deux personnes: Kurt Smith et Roland Orzabal.

https://static-secure.guim.co.uk/sys-im ... rz-009.jpg
Curt Smith (gauche) et Roland Orzabal (droite) au milieu des années 1980.

Le nom Tears For Fears est dérivé d'une méthode de thérapie psychologique qui invite le patient à exprimer le plus possible ses émotions pour se guérir de ses troubles.

Ils sortent leur premier album en 1983. The Hurting est une oeuvre très cohérente bien entendu marquée par la New Wave de l'époque. Une chanson se démarque du reste: Mad World, dont le texte n'a rien à envier aux paroles les plus noires des Chameleons ou de Joy Division.

"All around me are familiar faces
Worn out places, worn out faces
Bright and early for the daily races
Going nowhere, going nowhere

Their tears are filling up their glasses
No expression, no expression
Hide my head I wanna drown my sorrow
No tomorrow, no tomorrow

And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I'm dying are the best I've ever had
I find it hard to tell you,
I find it hard to take
When people run in circles it's a very, very
Mad world, mad world"



Forts de ce succès, ils publient le 17 février 1985 ce qui reste encore aujourd'hui leur zénith: Songs From The Big Chair.
Le titre de l'album fait encore une fois référence à la psychologie: The Big Chair est en effet le divan sur lequel les patiens du psychologue s’asseyent pour la thérapie.

Image

Tears For Fears - Songs From The Big Chair (1985)

Songs From The Big Chair s'ouvre avec une chanson d'une puissance immense: Shout. Le texte fait référence à la Guerre Froide et à l'affrontement entre l'URSS et les USA. Le grand atout de la chanson est de maintenir tout au long de son déroulement sa puissance sur un fil, un mince équilibre, qui ne la fait jamais éclater.
Il s'agit là d'une chanson classique incontestable des années 80 et de la musique pop en général.

Puis, pour bien continuer sur cette lancée, l'album nous offre un chef-d'oeuvre, qui, inexplicablement ne passe jamais en radio et que peu de gens connaissent: The Working Hour.
Sans hésiter, c'est pour moi la meilleure chanson du groupe, devant Shout.
Je vous la laisse écouter vous-même, c'est un bijou d'art de la musique pop, avec un texte superbe, qui plus est:

This is the working hour, we are paid by those who learned by our mistakes

Et puis le saxophone ! Le saxophone bon sang !
Une chef-d'oeuvre, je vous dis.

Et puis, paf, troisième chanson et encore une merveille: Everybody Wants To Rule The World. Encore une fois, la chanson fut un énorme succès. Typiquement pop, elle capture l'esprit, l'ambiance du milieu des années 80 mais s'en nourrit et le transforme en une chanson universelle et intemporelle.

Enfin, une dernière mention: Head Over Heels, une chanson d'amour légère et tout simplement excellente

Bref, Songs From The Big Chair passe encore aujourd'hui comme l'un des tout grands albums des années 80.

Quand aux Tears For Fears, ils publieront un AUTRE chef-d'oeuvre: The Seeds Of Love. Cet album sera leur testament musical et occupe une place très particulière, vu qu'il est considéré par beaucoup comme l'album ayant apposé le The End sur les années 80. Pour moi donc, les années 80 courent de Unknown Pleasures de Joy Division (1979) à The Seeds Of Love (1989). Entre les deux, c'est que du bonheur !

Note: 9/10
Best of: Shout, The Working Hour, Everybody Wants To Rule The World, Head Over Hells.
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 11 Juil 2016, 12:18

Chers lecteurs, bientôt un nouvel album !
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Re: La Discothèque d'Agué

Message non lupar Aguétiel » 14 Nov 2016, 22:34

Aujourd'hui, je vais vous présenter un album qui tient une place toute particulière dans mon expérience de la musique.Il s'agit en effet d'un des tous premiers albums que j'ai découverts à l'âge où je me suis mis à aimer la musique, avec le Best Of 1980-1990 de U2 et Paradize d'Indochine.

Il s'agit de Love Over Gold de Dire Straits.



Dire Straits, c'est d'abord un nom, qui en anglais pourrait se traduire par "être dans une merde noire". Quand on connaît les vicissitudes qu'a traversé le groupe avant de connaître le succès, ce nom semble tout-à-fait approprié.

Et puis, Dire Straits, c'est un chanteur et guitariste: Mark Knopfler, aux doigts divins, aux mélodies exceptionnelles, à la gueule... particulière, guère arrangée par les rubans en éponge qu'il portait autour de son crâne en concert. Mark Knopfler, pour vous donner une idée, est un guitariste qui figure dans le même bac que les autres guitar heroes que sont Eddie Van Halen, Eric Clapton, etc...

Bref, un gars qui pèse.

Dire Straits est un groupe formé autour de la personnalité de Mark Knopfler, fils d'architecte, et diplômé en littérature de l'Université de Leeds (donc, pas le premier venu). Il commence à jouer de la musique typée post-punk et abondamment influencée par le pub rock en 1977. Ils sortent leur premier album en 1978: Dire Straits. Ce premier album contient au moins une chanson énorme qui les fait directement entrer dans la légende: Sultans Of Swing. Un grand classique du rock à guitare de la fin des années 1970. Funky, la chanson dévoile le talent incroyable de Mark Knopfler et donne une subtile indication des hauteurs auxquelles le groupe s'élèvera quelques années plus tard.

Parce que c'est un grand classique et que j'adore cette chanson, je vous la mets en lien.

Le groupe publie son second album en 1980: Communiqué. Ce second album apparaît comme une copie du premier et ne s'élève pas donc aux hauteurs auxquelles on aurait pu s'attendre.

Le troisième album vient en 1981: Making Movies.

Et là... Making Movies... C'est du lourd. On y retrouve quelques chansons qui deviendront cultes telles que Tunnel of Love, Romeo and Juliet et Skateaway(ma préférée).

Cet album propulse Dire Straits vers le succès. Vient ensuite l'année 1982, et la parution de Love Over Gold.

Love Over Gold est un album particulier, qui tranche avec tout ce que le groupe avait pu faire auparavant: 5 chansons, 45 minutes. On quitte le post-punk des premiers albums pour explorer des logues chansons d'ambiance rock, très travaillées, géniales. Le genre est davantage rock alternatif, avec de fortes influences du prog rock de la décennie précédente.

Et qu'est ce que ça donne ?

Une introduction extraordinaire: Telegraph Road. Qui fut longtemps ma chanson préférée. 15 minutes d'un voyage musical inoubliable, magnifiées par les 5 dernières minutes, qui comportent l'un des solos de guitare les plus épiques que je connaisse, une vraie démonstration de la maîtrise de Knopfler.

Bref, cette chanson à elle seule fait l'album. Mais le reste n'est bien évidemment pas à dédaigner. Il est même à écouter tant l'inventivité musicale de Knopfler brille à chaque chanson.

Note: 8/10
Best of: Telegraph Road, Industrial Disease, It Never Rains
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